L'empreinte énergétique de Bitcoin est plafonnée.
Il est répandu dans les médias que Bitcoin consomme beaucoup d'énergie. Et cela a pu être pointé du doigt comme un problème. (1)
Je souhaite ici apporter des informations rassurantes : le bilan écologique de Bitcoin serait finalement plutôt positif, notamment parce "21 études académiques revues par les pairs montrent comment le minage de Bitcoin peut servir la transition écologique" (2) (3).
Effectivement, le fonctionnement de l'écosystème Bitcoin consomme de l'énergie.
La sécurité de Bitcoin est assurée par des "mineurs", qui vérifient la validité des transactions. Pour cela, ils ont besoin de matériel informatique et d’électricité.
Le programme les récompense pour ce "travail" : toutes les 10min un mineur valide un "bloc" de transaction et reçoit pour cela un certain montant de btc (ce montant est divisé par 2 tous les 4 ans, c'est ce qui nous protège de l'inflation).
On parle donc de preuve de travail (POW pour Proof Of Work): la confiance en Bitcoin repose sur le fait que chaque transaction et chaque émission de nouveaux btc sont garanties par cette dépense d'énergie.
Autrement dit, on ne crée pas de btc à partir de rien, les btc sont adossés à de l'énergie. Personne ne peut en créer d'un claquement de doigt, ni en falsifier.
Petite énigme : à quoi sont adossés les euros du coup ?
En dehors de notre confiance dans la Banque Centrale Européenne, j'ai bien peur que la valeur des euros ne repose sur rien de concret. 😉
Donc, plus il y a de mineurs, plus Bitcoin est sûr.
Mais plus il y a de mineurs, plus il y a de compétition pour valider un bloc et recevoir la récompense.
Le programme Bitcoin ajuste la difficulté de la POW selon nombre de mineurs, afin de garantir que l'émission de nouveaux btc se fasse bien toutes les 10min.
C'est donc cette fonction qui rend le minage plus énergivore si le nombre de mineurs augmente.
Le nombre de mineur peut augmenter si le cours du btc augmente, puisque la récompense devient plus attrayante.
Mais la récompense sera plus difficile à obtenir : pour résoudre la POW, il faudra des machines plus puissantes qui tournent plus vite... au risque de dépenser plus en consommation d'électricité que ce que la récompense rapportera en btc.
➡️ On comprend donc bien que Bitcoin n'est pas dépassé par son succès, entrainant une consommation électrique exponentielle et dangereuse.
Il était prévu dès sa publication le 31 octobre 2008, à la page 3 de son livre blanc, que le minage s'autorégule (4).
S'il y a trop de mineurs, cette activité n'est plus rentable et le nombre de mineurs baisse : la consommation électrique de Bitcoin est donc plafonnée.
Dans ces conditions, le seul moyen de ne pas miner à perte serait d'utiliser des énergies renouvelables ou perdues.
Bitcoin est donc une incitation au développement d'énergie vertes et à l'optimisation énergétique.
C'est notamment ce que fait l'entreprise Big block green services, en minant à partir :
- de sources d'énergie hydroélectrique et géothermique inexploitées à travers le monde, donc en créant de l'énergie verte auto-financée par le minage
- et du gaz de torche brûlé par les plateformes pétrolières, donc de l'énergie qui serait autrement perdue : les pétroliers brûlent le méthane issu du raffinage, Bitcoin le recycle.
Son président et CEO, Sébastien Gouspillou, raconte ici.
Ce n'est pas la seule entreprise à le faire, on peut également citer : GridShare et Gridless (5), Deutsche Telekom (6) , Marathon Digital et Riot Platforms (7) , Sangha Renewables (8), Crusoe Energy (9).
Si on observe ainsi une part une part croissante et aujourd'hui significative (61%) de l’activité mondiale de minage désormais alimentée par des énergies renouvelables (10), c'est encore plus épatant de savoir qu'un certain nombre de ces sources d'énergie ne seraient pas exploitées sans Bitcoin.
Enfin, on sait aujourd'hui récupérer la chaleur émise pour chauffer des logements ou des chauffe-eaux, comme dans l'exemple du projet Attakaï (11) qui est accessible à des particuliers.
Cela a un triple bénéfice : recycler de l'énergie, baisser le coût du chauffage et "décentraliser" le minage.
Dans l'intérêt de Bitcoin, il vaut mieux que le minage soit réparti auprès d'un nombre d'acteurs importants et de profils variés : cela en augmente la sécurité et l'indépendance. Si à l'avenir, le minage était assuré par une foule de particuliers utilisant de petits "radiateurs/mineurs", ce serait définitivement la monnaie du peuple : les btc seraient produits par lui et le minage échapperait à tout risque de monopole.
Cela s'organise déjà avec la "pool des mineurs" (12) : un projet communautaire d'entraide autour du "home-mining" à vocation de chauffage, ainsi que de mutualisation des moyens de minage et partage des récompenses.
🧐 Et si on mettait ça en perspective avec l'utilisation d'énergie par le système bancaire : pour ses activités, ses locaux, son matériel, le déplacement de ses employés... et tous les projets d'énergie fossile qu'il finance ? Ce que l'on peut considérer comme l'industrie la plus polluante du monde...
En voici une approche sur adoptblock.com.
Les transactions du quotidiens ne sont pas énergivores.
Comme je le disais, valider un bloc de transactions nécessite de l'énergie. Cette énergie est importante car elle garanti la sécurité des transactions.
Ce sont finalement les transactions de montants importants qui ont besoin de cette sécurité.
Pour les transactions du quotidien, il est possible de "sortir" des btc de ce réseau très sécurisé (qu'on appelle couche 1, ou Layer 1) pour utiliser des canaux de paiements de sécurité ordinaire (qu'on appelle des 2èmes couches, ou Layer 2) : un peu comme si on retirait des euros de notre compte bancaire "sécurisé" pour les avoir en espèce dans notre porte-monnaie.
Le principal Layer 2 s'appelle Lightning Network (LN). Il a vocation à réaliser les transactions inférieure à 500€ et les transactions y sont instantanées car n'impliquent pas de minage (et donc peu d'énergie).
Donc si vous souhaitez faire un achat simple en btc, vous pourrez "retirer" des btc depuis votre wallet Bitcoin vers votre wallet LN (1 transaction sécurisée par le minage) et disposer de ces btc pour faire autant de transactions que vous le souhaitez de façon non polluante.
Comme pour les paiements en espèces et sans contact, il semble acceptable d'éviter des transactions longues et énergivores pour payer un café ou une baguette en btc.
Pour les personnes qui ne voient pas Bitcoin comme un moyen de paiement mais comme un moyen d'épargne, il est possible de simplement en acheter sur une plateforme d'échange.
Cela ne correspond pas la proposition de Bitcoin de nous rendre la souveraineté de notre argent en supprimant les intermédiaires et le risque de confiscation.
Mais cela convient aux personnes qui préfère déléguer cette tâche à un tiers, comme nous avons l'habitude de le faire avec les banques. Dans ce cas, après avoir créé un compte sur une plateforme et y envoyé des euros, vous pouvez les convertir en btc.
Ces transactions ne sont pas non plus minées et consomment donc peu d'énergie. En gros, la plateforme a des btc sur son propre wallet et de euros sur un compte bancaire. Elle se contente de tenir des tableaux pour les transactions de ses clients. Ces transaction ne se répercuteront sur le réseau Bitcoin (et seront minées) que si vous demandez à la plateforme de transférer vos btc sur votre propre wallet Bitcoin.
Vous pouvez donc épargner en btc tous les mois pour vous protéger de l'inflation, sans polluer (et sans effort).
Enfin, comme c'est présenté dans la partie sur l'inflation, Bitcoin est la voie de la sobriété et de la paix.
En effet, c'est une ressource rare et précieuse. Quand le monde sera "hyperbitcoinisé", nous ne pourrons plus nous surendetter et surconsommer.
Au contraire, nous devrons réfléchir nos achats et en privilégier la qualité à la quantité.
Il est raisonnable de penser que nous reconnaitrons aussi mieux la valeur du travail, car un travail méritera toujours salaire. Par contre, les conseils d'administration ne pourront plus battre de records de versements de dividendes actionnaires et de salaires aux patrons : ceux-ci seront plafonnés. Les écarts entre riches et pauvres diminueront. L’État gardant par ailleurs son rôle de redistribution des richesse, quelque soit la monnaie.
Enfin, nos capacités d'armement seront également limitées. Nos dirigeants auront-ils envie de continuer les courses à l'armement avec une dette limitée ?
Sans impression monétaire infinie, les ressources des États se limitent aux impôts et aux taxes. Logiquement, le peuple qui paie ces contributions sera d'autant plus précieux pour les gouvernements, qui réfléchiront d'avantage avant de les envoyer mourir au combat...
➡️ De façon pragmatique : Bitcoin ne supprimera pas la violence, mais peut en diminuer très fortement l'ampleur !
Rien qu'en nous sortant de la société de consommation et en arrêtant des guerres, Bitcoin vaut donc bien la relative quantité d'énergie qu'il représente (relative car inférieure à celle consommée par les vidéos en ligne (11), ou l'IA, ou encore le système bancaire). 🧐
Et pour cela, comme nous l'avons vu ici, il suffit peut-être que 20 à 25% d'entre nous adoptions Bitcoin. 😊
1. https://www.cell.com/cell-reports-sustainability/fulltext/S2949-7906(23)00004-6
3. https://cryptoast.fr/minage-bitcoin-alimente-desormais-transition-energetique-selon-expert/
4. https://bitcoin.org/bitcoin.pdf
5. https://www.crypto-insiders.fr/actualites/minage/bitcoin-utilise-de-plus-en-plus-denergie-verte-selon-de-nouvelles-donnees/
6. https://journalducoin.com/bitcoin/bitcoin-deutsche-telekom-minage-btc-energie-renouvelable-excedentaire-bankhaus-metzler/
7. https://www.financecrypto.fr/bitcoin-mining-marathon-riot/
8. https://www.coindesk.com/business/2024/11/04/theres-no-catch-bitcoin-mining-startup-promises-free-money-to-renewable-energy-companies
9. https://explorers.mc2i.fr/articles/bitcoin-un-atout-pour-le-secteur-de-lenergie
10. https://www.crypto-insiders.fr/actualites/minage/bitcoin-utilise-de-plus-en-plus-denergie-verte-selon-de-nouvelles-donnees/
11. https://decouvrebitcoin.fr/attakai-presentation/
12. https://chauffagistes-pool.fr/about.html