Notre relation aux technologies me semble un bon point de départ.
En effet, elles sont au cœur de notre mode de vie moderne. Il existe un service technologique pour le moindre de nos besoins de travail, loisirs, information, communication, déplacement, achat, organisation…
Or, la façon dont nous les utilisons présente certaines limites.
➡️ Une poignée d'entreprises a acquis un quasi-monopole dans ce domaine, principalement les fameux GAFAM : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft ; et NATU : Netflix, Airbnb, Tesla, Uber.
➡️ Notre mode de consommation n’est pas durable compte tenu des limites de notre planète, notamment en termes de matières premières disponibles et de capacités à absorber la pollution générée par ces industries.
Ces monopoles ont pu s’installer car nous sommes dans une impasse sociétale : la tyrannie du Marché. En effet, le monde est globalement capitaliste et le Marché économique influence toutes les décisions. Pour protéger les individus des dérives d’un tel système favorisant les puissants, les Etats essaient de le réguler. A première vue, c’est intéressant.
Malheureusement, aucun Etat n’a réussi à le faire de façon juste. Par contre, cela a créé une faille dans le système : le Marché n’est plus libre mais corrompu. Il ne se régule donc pas de lui-même par une libre concurrence, qui pourrait laisser une place aux entreprises alternatives quand elles sont meilleures. Au contraire, il rend possible pour une entreprise riche et influente de tricher en exerçant un chantage sur les Etats. Voir même, pour les pays hébergeant ces entreprises de faire pression sur les autres, par exemple pour éviter certains impôts (1).
Et plus l’entreprise est importante, plus la triche est facile. Cela se traduit par le fait que les GAFAM ont tendance à éviter de payer certains impôts et à demander certains avantages dans les pays où ils s’installent, ce qui les renforce encore de façon injuste vis-à-vis de leurs concurrents.
Nous sommes donc coincés dans un système vicieux… et les Etats semblent impuissants.
A ce rythme, nous pourrions connaître un monde dominé par une seule de ces entreprises : un méga groupe ayant englouti les autres et anéanti toute autre possibilité d'entreprenariat.
Ce qui est également vicieux, c’est que c’est un piège confortable pour beaucoup d’entre nous. Les services des GAFAM sont souvent très pratiques et abordables, voir « gratuits ».
Mais au bout du compte :
❗️ Si elles ne paient pas assez d’impôts : cela conduit à une augmentation des impôts ailleurs, ou à une dégradation des services publics.
❗️ Comme nous les utilisons beaucoup, elles collectent beaucoup de données sur nous. Cela permet aux groupes possédant des réseaux sociaux ou autres médias d’influencer nos choix de consommation et électoraux Nous savons également qu’elles vendent ces données, qui parviennent notamment à des escrocs qui nous harcèlent par mail ou téléphone en se faisant passer pour votre banque, etc... (cela a permis tant de vols que nos vraies banques nous assurent de moins en moins contre ce risque)
Le réseau social alternatif republike.io formule le "coût exorbitant du gratuit" ainsi : "Le paysage numérique actuel est structurellement défaillant, et nous pensons que cela est directement dû à un modèle économique qui repose sur l'exploitation de l'attention des utilisateurs.
Notre attention, marchandise vendue au plus offrant, alimente une économie prospérant sur l'addiction et la division. L'engagement des utilisateurs est conçu pour générer des réactions rapides, répétitives et sans fin afin de nous maintenir 'connectés' et en laisse.
Dans le digital, comme dans la vie, à l’exception peut-être de l’amour, gratuit est une illusion, une chimère. Si c'est gratuit, alors vous êtes probablement le produit. Et plus nous sommes connectés, plus notre valeur marchande augmente."
Donc, ces services sont finalement très coûteux financièrement et démocratiquement.